TIDRU

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 Dans nos sociétés, paradoxalement l'identité « prend corps » principalement par le biais du visage. Pour les personnages aux têtes chaises, pas d’absence de tête mais bien des têtes chaises, j’essaie de questionner l’identité. On pourrait croire que privés de face, ils sont privés d'identités mais pourtant de chacun d'entre eux émane une identité propre, ils ont tous leur singularité. Je tente de déplacer le siège de l'identité de la tête vers le reste du corps et le visage n’est pas absent, il prend seulement une autre forme. Ainsi métamorphosés, mes personnages ont la possibilité d'exprimer une identité plus discrète voir ambigu. L'objet « chaise », immobile et rigide, absorbe et retranscrit le message d'un corps engagé tout entier dans le monde.

 Je pense que le regard du visiteur sur une œuvre (et qui plus est si elle représente du vivant) est le comparable au regard de découverte que l’on pourrait avoir sur une personne rencontrée ici ou ailleurs. Il y a toujours cette « première impression », sorte de jugement préconçu dont on a parfois du mal à se défaire, difficile à dépasser dans certains cas.


Le premier regard est donc déterminant. Ici, la tête chaise ne présente pas les outils habituels de communication, ils sont tellement différents qu’ils paraissent absents, ce bagage culturel ou autre de la pensée qui nous guide aux premiers jugement ne trouvent pas repères et imposent par défaut l’interrogation.

Et c’est exactement le but de ma démarche : créer dans un premier temps un questionnement et espérer une sorte d’auto-remise en question, de la pensée, du jugement ou de ce qui amène à en émettre un….etc


Par le biais du questionnement qui pourrait être celui-ci :

Comment définir l'identité d'une personne en l'absence des outils habituels de communication ?

Peut-on comprendre l'Autre autrement ?

Que se passe-t-il lorsqu'on prive un individu de la possibilité d'établir une première impression à partir des éléments codifiant l'identité ?

Est-ce qu’un regard affranchi de principes moraux et codes culturels est plus impartial ?

Est-ce que la différence physique ou comportemental trompe l’identité de l’individu aux yeux de l’Autre ?

 
…je souhaite engager le spectateur dans le doute. J'aimerais attiser sa curiosité, le pousser dans une réflexion libre, sans bornes préétablies.

Je voudrais que l'on s'interroge sans affirmer ; d'une certaine façon je veux semer des « peut-être » et proposer une compréhension polysémique car je crois que c'est un peu comme cela qu'il faut envisager le rapport à l'Autre et l'identité : sans cesse en construction, en mouvement.

 

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Sculptures

Rien dire
Admission convalescente sur fond de somnanbullisme
Les accouphènes du cœur
Silence nocturne sur la grande partition du cœur
Tribune avec vue sur très bel appartement 3 pièces
Le gout du métal dans mes oreilles